Endométriose

Author

Catherine Millac

Date Published

L’endométriose ne se résume pas à une douleur localisée.

Elle ne parle pas seulement d’un organe, ni même d’un cycle.

Elle parle d’un corps qui a appris à tenir, parfois trop longtemps.


Ce corps n’est pas fragile.

Il est souvent endurant, loyal, courageux.

Un corps qui s’adapte, qui serre, qui encaisse, qui continue.

Un corps qui sait faire “avec”, jusqu’au jour où il ne peut plus.


L’endométriose n’apparaît pas sans histoire.

Elle s’inscrit parfois dans une mémoire de femmes :

des lignées où l’on a appris à se taire,

à supporter,

à faire passer après,

à normaliser l’inconfort,

à vivre avec la douleur plutôt que d’être soutenue dedans.


Dans ces lignées, le corps devient un lieu de transmission silencieuse.

Il porte ce qui n’a pas été nommé,

ce qui a été banalisé,

ce qui a été traversé seule.


Ce n’est pas “dans la tête”.

Ce n’est pas une faiblesse.

C’est un langage profond du vivant.


Le corps ne crée pas la douleur par hasard.

Il parle quand il n’a plus d’autre voie.

Il insiste quand on lui a trop demandé de s’adapter.

Il se manifeste quand l’histoire cherche à être reconnue.


Écouter le corps ne remplace pas le médical.

Mais ne pas l’écouter coupe une partie essentielle du soin.


Car reconnaître ce que le corps raconte — dans sa chair, dans son rythme, dans sa mémoire — ouvre un espace où quelque chose peut enfin se délier.


L’endométriose nous rappelle ceci :

le ventre n’est pas seulement un lieu physiologique.

Il est un centre de mémoire,

un lieu de création,

un espace de vérité profonde.


Et parfois, le premier soin n’est pas de réparer,

mais de reconnaître.


Reconnaître que cette douleur est réelle.

Reconnaître qu’elle a un sens.

Reconnaître qu’elle mérite écoute, lenteur, présence.


La reconnaissance est déjà un acte réparateur.


Catherine Millac